Chers parents,

 

Vous trouverez en bas de page la lettre des organisations syndicales de personnels du LFM.

L’association a fait le choix de vous la transmettre, par souci de transparence, car nous pensons que les mouvements de grève doivent être expliqués par ceux qui les organisent.

 

D’ailleurs un nouveau mouvement a été prévu pour vendredi 24 janvier.

 

L’intersyndicale FSU, basée en France, a déposé auprès des autorités un préavis de grève sur tout le mois de janvier, les antennes locales décidant sur place de leurs jours d’action.

 

Nous avons rencontré un des syndicats en fin de semaine dernière, leur avons transmis le profond mécontentement des parents et avons appelé à leur responsabilité, pas seulement en tant que professeurs, mais aussi en tant qu’acteurs de cet écosystème fragilisé qu’est le LFM.

 

En effet, la confiance que nous déposons en l’école s’effrite un peu plus à chaque marque de ce qui est vécu comme un manque de respect vis-à-vis des parents et des élèves:

 

  • C’est grâce à une bénévole de l’association que nous avons été avertis des derniers mouvements de grève prévus. Nous les subissons, et en plus nous devons aller à la pêche aux informations et organiser la communication au plus vite dans l’intérêt des familles. Ce n’est pas notre rôle.

 

  • On nous recommande de garder nos enfants à la maison, alors que, cyniquement, comme l’accueil est garanti, le lycée estime qu’il offre aux parents une continuité de service. Si l’enfant reste à la maison, alors, non moins cyniquement, en secondaire son absence est notifiée sur Pronote.

 

  • Les syndicats de personnels doivent trouver d’autres moyens d’action que la grève. Elles ont de nombreux inconvénients et nous ne cautionnons pas cette forme d’action car:
    • Chaque grève supplémentaire porte son contre-effet: au lieu de convaincre les parents de soutenir la cause des professeurs résidents, cela les en éloigne de plus en plus. Elles renforcent l’affrontement. Au lieu de favoriser l’écoute entre toutes les parties, elles crispent les positions de chacun.

 

    • Elles sont onéreuses pour tout le monde: l’enseignant n’est pas payé et les familles doivent chercher un mode de garde, travailler depuis la maison ou payer l’école qui pourtant ce jour-là n’accomplit que partiellement sa mission de formation de l’élève.

 

    • Les élèves, “cobayes” de réformes successives, dont la bonne application ne dépend que de la capacité d’anticipation et du professionnalisme des équipes, sont déjà dans un état de stress important. Ne punissons pas les familles encore plus en les contraignant à assumer un combat et un coût additionnel.

 

L’administration, si elle n’a aucun pouvoir sur le droit de grève de ses personnels, se doit d’assurer les meilleures conditions d’accueil. Pour cela, nous demandons à la direction du LFM et à l’agence:

 

  • de mettre Pronote à jour en temps réel: les enfants dont les parents ont signé une décharge en début d’année, peuvent sortir sans que leurs parents sachent qu’ils ne sont plus dans l’établissement car les absences des professeurs ne sont pas indiquées sur Pronote.

 

  • de mettre plus de salles à disposition et surtout de bien en informer les élèves. Le CDI peut être plein, nous voudrions que le secondaire s’organise pour accueillir les élèves qui souhaitent rester dans l’enceinte de l’école.

 

  • de transcrire la loi française dans les textes de qui régissent le fonctionnement des établissements français à l’étranger: elle contraint par exemple les personnels à se déclarer individuellement grévistes dans un délai raisonnable, permettant aux familles de prendre leurs dispositions, et à l’établissement de s’organiser en amont. En attendant, c’est à la direction de communiquer dès qu’elle a l’information.

 

L’ APA, dont une des missions est d’œuvrer pour une relation saine entre l’école et les parents, s’efforce d’avoir une communication claire, cohérente et honnête. Nous comprenons la facilité qui est d’exiger un remboursement mais nous vous avertissons sur l’effet pervers que cela entraîne. Si cela était faisable, ce qui n’est pas le cas, le montant serait dérisoire vu la structure de rémunération des professeurs. Et le demander nous placerait dans une position de simples consommateurs, alors que nous sommes plus que cela. Nous sommes, à l’étranger, les principaux financeurs du système et acteurs de l’éducation de nos enfants. Nous sommes organisés et partie prenante. Nous ne sommes pas une valeur d’ajustement.

 

A l’APA, même si vous n’en voyez pas les effets visibles, notre priorité est de faire valoir les droits des parents tout en soutenant le maintien des garanties pour un modèle d’éducation performant: des professeurs motivés, une administration transparente et des parents confiants, pour des élèves épanouis.

 

Lettre des Syndicats aux parents, 20 janvier 2020